Au revoir...

Skyblog apporte un soupçon d'amélioration tandis que j'effectue un...

Déménagement...


Ici

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 03:18

Soyons fous.. Gardons les liens.

Soyons fous.. Gardons les liens.

___Ils n'avaient rien en commun, ces gosses vous comprenez, pourtant quand la mère du petit a déménagé dans cette ville, ils se sont retrouvés dans la même classe. Dans le village, beaucoup de ménagères de plus de quarante ans parlaient de ce nouvel habitant : « Le petit Pierre ? Vous saviez que son père était mort dans un accident de voiture », « C'est pour ça que la mère a déménagé, elle fuit ses fantômes ! » ou encore « Comment ? il est étrange ce petit ? mais non il est mignon tout plein. ». Elle, s'appelait Noémie. C'était la fille de l'épicier et aidait souvent son père à la boutique située à l'angle des rues Victor Hugo et Charles Baudelaire. Sa mère était partie lorsqu'elle avait trois ans. Parfois elle envoyait une carte ou deux du Mexique ou de Chine mais ces quelques mots étaient les seuls qu'elle détenait de sa mère. Noémie parlait énormément, avec les clients, son père ou avec les autres enfants, mais Pierre lui s'était enfermé dans un mutisme après la mort de son père.

___Le jour de la rentrée, la jeune maîtresse présenta le nouveau. Il s'appelait Pierre et venait de Biarritz. Mais cette présentation était plus là pour respecter les formalités plutôt que pour réellement présenter le garçon de neuf ans. La seule place restée vacante dans la classe était celle à côté de Noémie, elle parlait tellement qu'on avait préféré la laisser seule en classe. Il s'y assit et rapidement, Noémie engagea la conversation :


- Bonjour, je m'appelle Noémie, je suis la fille de l'épicier. Toi c'est Pierre c'est bien ça ?
(Silence)
- Oui, j'avais oublié les bruits qui courent, tu es devenu muet. Ce n'est pas grave, parler toute seule ne me dérange pas. Mais, est-ce que m'écouter te dérange, toi ?
(Signe de la tête, réponse négative)
- A la récréation, je te ferai faire le tour de l'école, là je vais me taire sinon Melle. Martin va crier, et quand elle crie, parfois elle me fait peur. Je voudrais pas qu'elle fasse pareil avec toi.

- Donc tu vois, ici c'est les toilettes des garçons, là ceux des filles, et là bas c'est la cantine. Si tu y manges, on mangera ensemble, sinon tu seras chanceux, c'est pas toujours très bon. Tu ne veux toujours pas parler ? Ca fait déjà dix minutes que je parle toute seule, et je me disais que tu aurais pu participer...
- Mmh
- Allez, fais un effort !
(Silence)
- Bon tant pis. Tu sais, parler c'est essentiel dans la vie. Regarde moi à l'épicerie, si je dis pas bonjour aux clients, il s'en vont et ne reviennent pas. Et puis, ce sourire que tu n'as pas là ! Je sais que tu as vécu une épreuve difficile, et crois moi, ça ne me fait pas plaisir, mais comme tu es là, avec moi, j'aimerais te voir sourire un peu, au moins une fois.
(Elle fait une grimace, il se met à rire fortement)
- Voilà ! C'est bien, alors, maintenant que des rires sont sortis, peut-être que tu accepteras que je te fasse un bisou, c'est vrai quoi, tu es mignon tout plein quand tu ris, et ça effacera tes malheurs l'espace d'un instant. Oui, l'année dernière j'avais trois fiancés, mais ils ont tous déménagé. Et puis, même si tu ne parles pas, tu as l'air gentil. Avant l'école, je t'avais déjà vu, avec ta mère à l'épicerie, et tu sais, dans un petit village comme ça, ça parle. Alors je sais tout de toi, ou presque, mais je ne connais pas le son de ta voix...
- Voi...voilà tu le connais main...maintenant.
- Un petit pas pour l'homme un grand pas pour l'humanité, comme dirait un m'sieur célèbre dont je ne me souviens plus le nom. Tu veux pas un bisou alors ?
- MMh.
- Ca y est, c'est reparti. Qui ne nie pas approuve. Tiens... T'es mon nouveau fiancé.



___La sonnerie retentit. Elle lui prit la main, il la repoussa d'abord. Elle lui avait déjà mouillé la joue, elle n'allait pas faire comme sa mère avant de traverser maintenant. Puis, devant son regard accusateur de fiancée non comblée, il reprit sa main dans la sienne. Quelques jours plus tard, il s'était remis à parler.



Image: Gettyimages

# Posté le jeudi 09 août 2007 04:07

Modifié le lundi 13 août 2007 08:59

Dialogue entre un homme d'âge respectable et son petit fils au bord de l'eau...[Divers et d'été]_

Dialogue entre un homme d'âge respectable et son petit fils au bord de l'eau...[Divers et d’été]_
Ah, tu sais, je ne me souviens plus très bien de ces choses là mais, je peux te raconter si tu veux. Je crois que c'était il y a cinquante ans déjà, je marchais dans les montagnes comme à mon habitude et j'ai rencontré cette fille d'une beauté unique. La décrire ? Oui, elle avait le teint clair, les yeux émeraude, tu vois cette couleur qui te donne envie de plonger afin connaître le plus profond de son être. Je me souviens de ses cheveux, ils mêlaient beaucoup de teintes, du plus sombre au plus lumineux, et la rendaient exceptionnelle. Tu vois, à ce simple regard, je savais que ce serait elle. Je l'ai approchée et nous avons discuté, là assis sous ce pommier. Elle s'appelait Clara, avait mon âge et vivait au bord de la mer. C'était la première fois qu'elle venait par ici. Durant les jours qui suivirent nous nous baladions, foulant la neige fraîchement déposée, ce qui m'a le plus surpris c'est qu'elle ne cessait jamais de rire. Et ensuite ? Et ensuite ? Ah tu veux la suite petit sacripan ! Ben oui papy ! Bon alors, elle m'avait donné son adresse, et moi j'avais très envie de la revoir. J'ai pris le train, et deux jours plus tard, j'étais devant sa porte. A l'époque, les trains n'allaient pas aussi vite qu'aujourd'hui. Ils me donnent presque la nausée. Bref, je suis arrivée là bas et elle m'a fait de gros yeux, pas des yeux méchants, non, d'abords étonnés comme ça ? Oui ! puis des yeux remplis d'amour, on a passé de folles journées au bord de l'eau et tu vois ce banc là bas ? C'est sur ce banc qu'elle m'a dit qu'elle m'aimait. Tu vois mon p'tit Victor, là je te raconte ce que tu trouveras dans tous les livres d'amour et les téléfilms sentimentaux en début d'après midi sur les chaînes de télévision, mais je peux te dire fiston que même si tout ça te semble simple, il faut souvent se battre pour rencontrer des gens comme Mémé et quand tu les rencontres, il faut tout faire pour les garder... - Et tu crois qu'Alison, ma copine à moi, sera ma fiancée un jour ? Si tu le veux et qu'elle le veut, peut-être qu'un jour... - Papy ? Tu crois qu'il faut que je lui achète une bague, tu sais, dans les distributeurs, si je mets une pièce... - Victor ! Voyons, tu crois qu'à Mémé je lui avais offert une bague en plastique ? Non, moi j'lui avais fait un collier de pâtes. Elle est italienne, tu aurais vu comme elle était fière. Donc je dois lui fabriquer un collier de pâtes ? Offre lui un cadeau qui vient du c½ur... - Papy ? Je peux te poser une dernière question ? Pose-moi autant de question que tu veux... - Ben... Comment tu fais pour vivre sans Mémé maintenant qu'elle n'est plus là ? Elle est toujours là, dans mon c½ur, mais elle me manque, c'est certain. Papy ? Oui ? Comment vous avez fait pour avoir Maman, dis ?
On s'est aimés...

Image: Gettyimages

# Posté le vendredi 13 juillet 2007 06:16

Modifié le jeudi 09 août 2007 04:21

Tadam!

Tadam!
_______ Devant cette immensité, je me sentais tout petit, comme à chaque fois que je venais là d'ailleurs (c'est-à-dire assez souvent). A huit ans, le ciel ça paraît immense, et parfois, on rêve de le toucher : la nuit pour attraper les étoiles et le jour pour grimper dans les nuages. J'avais des rêves en tête, tous plus extravagants les uns que les autres, mais je crois que c'est ça l'enfance. - Quand je serai vieux, je serai un grand voyageur. J'escaladerai des montagnes puis me promènerai d'îles en îles en jouant à Saute Mouton, vous savez ce jeu où quelqu'un se baisse et où vous sautez par dessus lui. Bien entendu, mon chemin ne sera pas laissé au hasard voyez-vous ? Non, je décrirai le même parcours que celui de la marelle et ainsi j'aurai peut-être une chance d'atteindre le ciel... -
_______ Décidément, j'avais une sacrée imagination à l'époque. Parfois le ciel s'obscurcissait, d'un coup, et les nuages noirs le recouvraient d'un coup tandis que le vent se mettait à souffler violemment. Comme s'ils me reprochaient de tant rêver d'aventure alors qu'eux restent cloîtrés dans le ciel. Oui, j'ai déjà signalé que ce même ciel est immense et vous ne comprenez pas trop comment ils pourraient y être confinés. Et bien, ils ne peuvent pas à loisir fouler cette terre si attractive (Newton a découvert cette attraction grâce à une pomme ! On aura tout vu !), ni même cueillir les coquelicots qui fleurissent au bord de chemins recouverts de tout petits cailloux, si fins qu'on croirait presque du sable. Ils sont intemporels, ne meurent jamais mais moi du haut de mes huit ans, je pouvais faire tout ce qu'ils ne pouvaient pas. Pire encore, je pouvais souffler comme le vent (bien qu'il puisse le faire plus fort encore mais je ne doute pas que je puisse le faire aussi quand je serai plus âgé) et me déplacer comme les nuages. Je peux apporter de l'eau en pleurant très fort (mêmes conclusions que pour le vent à propos de l'intensité) et puis non je ne sais pas fabriquer la neige mais par contre je peux faire des glaçons, c'est plus utile me direz-vous.
_______ Maintenant, j'ai grandi. Le temps ravage les belles choses de la vie, et en améliore d'autres. J'ai laissé de côté mes rêves et mes fiertés d'enfant pour vivre ma vie et gagner ma croûte. Je gardais tout ça pour mes beaux jours de retraité. J'y suis désormais, rempli d'hémorroïdes tandis que ma sciatique fait des siennes. Dans quelques années, si mon corps continue à se dégrader, je ne pourrai pas réaliser mes rêves d'enfant, c'est pourquoi je vous écris aujourd'hui, pour vous dire que je pars. Je vais faire le tour du monde avec l'argent que j'ai économisé et j'en reviendrai plein de photos et de souvenirs. Je vous raconterai tout en rentrant et en attendant mon retour, je vous écrirai souvent.

Je vous embrasse,

Gauvin.

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 08:58

Modifié le vendredi 03 août 2007 16:03

La chaise vide[Divers et d'été]_

La chaise vide[Divers et d’été]_
Le noir et l'obscurité. Après un long silence, des bruits.
Tic. Tac. Tic. Tac. Ding. Ding. Ding. Ding. Ding. Ding...
Il est minuit, du clocher résonnent les bruits des cloches et à chaque battement de cil, j'écoute attentivement les bruits qui pénètrent dans cette pièce trop peu éclairée. Bzzz. Une faible lueur apparaît autour de l'halogène. Immédiatement, une lumière plus vive, plus agressive, tellement blanche. Je ferme les yeux, un instant, en appréciant le silence nouveau et le noir revenu. Une foule arrive, cartes en mains. Et si on se faisait un poker ? On s'assoit autour d'une table pour rire, boire et jouer. Alors, on mise tout ce qu'on possède, dans la folie du jeu. Cette vision du profit me dégoûte, trop de bruit, trop de lumière, trop étrangère au monde paisible que je m'efforce de me créer. Et de fermer à nouveau ces yeux fragiles. Je souffle un bon coup, vidant tout ce que mon corps ne supporte plus et rejette. Les bruits semblent étouffés, je me sens désormais en sécurité et j'ose enfin observer à nouveau ce qui m'entoure. J'ai puisé cette force dans le vide que je me suis généré. La lumière s'est tamisée, elle semble vouloir m'indiquer quelque chose. Je m'approche pour mieux voir. Et là, je la vois. Cette chaise vide. Vide comme moi, vide comme cette salle, vide comme ce silence. Vide. Ces joueurs immondes ne sont plus là, ils ne le seront plus jamais, je m'efforcerai de les faire partir s'ils tentent d'envahir cette salle. Je suis seul. Enfermé dans cette salle avec ma solitude. C'est malheureux à dire, n'est-ce pas? Il reste une table, dans le noir. Je le sais car en marchant pour rejoindre la source de lumière, j'étais comme hypnotisé. Je marchais, sans tâtonner, sans même regarder devant moi, et je me suis cogné contre une table en bois. Je n'ai pas osé m'assoir, alors je suis retourné vers cette table. Cette fois, j'analyse sa surface. Un verre, une bouteille, des cartes. Quel est ce jeu qu'on veut me faire jouer? Je bois un verre, puis deux. Je suis seul, personne ne me verra, je m'accorde un troisième verre et je me mets à jouer. - Que le jeu commence. - Je ris, dans ma solitude. Je gagne et je perds, puisque je suis seul à jouer. Les absents ont toujours tort. Ils ne veulent s'assoir dans cette lumière attractive, moi oui. Je m'assois, et je me sens tout à coup puissant. Je suis assis dans la lumière, seul. La chaise n'était pas solide, elle se brise. Je tombe. Tout est fini. Le silence revient, la lumière s'éteind. La pièce n'a jamais été aussi vide que maintenant. Elle n'existe pas.


_____
Edito:
Merci à Jouy pour son article qui m'a beaucoup touchée.
La photo est de moi, bien sûr, mais pas d'agrandissement
car arrangement photoshop de très mauvaise qualité.
Et puis, le texte... Je n'aime pas sa fin, mais, il ne changera pas.

# Posté le jeudi 28 juin 2007 09:19

Modifié le samedi 04 août 2007 15:28